mardi 13 janvier 2026 , par
Société d’Applications Hydrauliques Leduc
Aux Touches, petite commune rurale de 1400 habitants, à 30 km au nord de Nantes, une entreprise familiale, la société d’applications hydrauliques Leduc a pris depuis quelques années une place respectable sur le marché français du vérin hydraulique après s’être lancé à fond dans la commande numérique. Le dynamisme exceptionnel de cette entreprise, c’est d’abord celui d’un homme qui sera secondé de plus en plus par ses fils.
Bernard Leduc est né en 1920. Dernier d’une famille paysanne de huit enfants, il est le seul d’entre eux à avoir quitté la terre. Mais, dès l’âge de 5 ans, possédé par la passion de la mécanique, l’établi l’intéresse plus que les bancs de l’école. Et c’est sans avoir passé son certificat d’études, qu’il rentre en apprentissage en 1934 chez un artisan qui possède un tour fraiseur.
En 1941, Bernard Leduc se met à son compte et s’inscrit au répertoire des métiers. Il prend la succession d’un tourneur et (( bricole )), faisant tous les petits travaux qui se présentent : réparation de bicyclettes, machines agricoles... En Mars 1943, il est envoyé en Allemagne au titre du S.T.O. Quand il en revient, il retrouve Les Touches et s’installe au fond de son jardin, dans une petite baraque en bois, avec un vieux tour qu’il a acheté d’occasion.
En 1944, il devait rejoindre le maquis, ayant une moto, il aurait été agent de liaison entre les groupes et éventuellement pour d’autres missions. Mais le 28 Juin 1944, les Allemands attaquent le maquis, ce sera la fin du maquis de Saffré.
A cette époque, l’industrie de la machine-outil française est anéantie et l’on manque de tout. Avec du matériel de récupération, Bernard Leduc fabrique lui-même une perceuse sensitive. Pour les agriculteurs des environs, il fabrique des scies circulaires avec des ferrailles et des roulements à billes de récupération. En 1952 Bernard Leduc a 3 ouvriers et 2 apprentis, soit 5 salariés.
Un charron lui demande un jour de lui fabriquer un essieu agraire. Il en fera bientôt des centaines pour le compte d’un marchand de véhicules de Nantes. 35 000 essieux agraires sortiront ainsi du petit atelier des Touches, où en 1955 travaillent une dizaine de compagnons.

Pendant des années, entre 1950 et 1965, il y avait une coutume bien établie, le personnel descendait avec Bernard Leduc dans sa cave, même si il était absent, pour prendre un ou deux verres de petit vin de pays ou de cidre, à 11 heures et à 16 heures, environ 10 minutes de pause. C’était l’occasion d’arroser une fête ou un anniversaire et de discuter avec Bernard librement. La descente à la cave s’est terminée, lorsque l’effectif a dépassé la quinzaine, après c’était à chacun d’amener sa boisson, la pause étant maintenue à 11 et 16 heures.
Dès 1959, l’idée vient à Bernard Leduc de se lancer dans l’hydraulique. C’est alors une technique encore peu répandue en France. On lui donne un jour un vérin à réparer. Il tente d’en fabriquer lui-même quelques-uns.
Fin 1959, l’entreprise compte cependant 10 personnes. La vente de vérins se développe et bientôt la fabrication des essieux est complètement abandonnée. L’entreprise connaît une progression spectaculaire à partir des années 60. Sans service commercial et sans publicité, son chiffre d’affaires augmente de 20 % par an, et même 30 % certaines années. Rapidement l’entreprise passe du stade artisanal au stade industriel.
La passion de Bernard Leduc pour la mécanique, n’excluait pas son engagement associatif : le théâtre en tant que responsable "son et lumières" ; les pompiers ; l’organisation des kermesses où chaque année, il innovait de nouveaux "jeux" ; le club de football "Les Jeunes des Touches", dont il est à l’origine de l’aménagement de l’ancien terrain de football, en tant que dirigeant...
Les noms des personnes présentes sur les photos, sont indiqués à partir de la gauche :



Bernard Leduc souhaitait intéresser le personnel au bénéfice de l’entreprise. Il avait signé avec le représentant du personnel Henri Lepage, le premier contrat d’Intéressement de l’entreprise le 2 Janvier 1965, avec effet rétroactif à compter du 1er Mai 1964, pour une durée de 3 ans et renouvelé par la suite. C’était le premier contrat d’Intéressement signé dans le Département.
Bernard Leduc voulait également développer les activités sociales au profit des salariés, mais comme il n’y avait pas encore de comité d’entreprise, il avait créé une association appelée "La Fraternelle", et désigné Henri Lepage comme responsable de celle-ci, à compter du 2 Janvier 1965.
Par la suite, lorsqu’il y a eu un comité d’entreprise, celui-ci en contrôlait la gestion.
Courant 1965, Henri Lepage sera le premier délégué du personnel élu dans l’entreprise Leduc, il était également chef d’atelier, ensuite chef du personnel à partir de 1981, et partira en Janvier 1996 en contrat de pré-retraite contre embauche, ayant plus de 40 ans de cotisations, avec 43 ans et 6 mois d’ancienneté, il était entré le 1er Juillet 1952 comme apprenti tourneur.
Dans les ateliers, l’usinage des pièces fait de la tournure, celle-ci est vendu et le produit de la vente était partagé entre les ouvriers. Avec le développement de l’entreprise, la vente de tournure étant devenue importante, l’argent sera par la suite versé à "La Fraternelle", pour les activités sociales.
Entrée des ateliers route d’Ancenis.
En 1966, Bernard Leduc avait créé la Société de Constructions Touchoise (S.C.T.), Henri Lepage en était le gérant du 13 Août 1966 au 31 Décembre 1977. Cette société était agréée pour recevoir ce que l’on appel : le 1 % construction. Le but de la S.C.T. était de construire des maisons pour les salariés de l’entreprise, sans faire de bénéfice, la subvention de 1 %, permettant de réduire le prix de vente des maisons aux salariés. Une loi ayant été votée pour interdire les petites sociétés qui n’avaient pas un certain chiffres d’affaires. C’était la fin du développement de la S.C.T., c’est le C.I.L. de Nantes qui devait par la suite recevoir le 1 % de la S.A.H. Leduc. La S.C.T. continuant la gestion des deux maisons qui avaient été achetées par règlements mensuels, par deux salariés de l’entreprise, jusqu’au moment où ils seraient propriétaires.
- Dans les années 1970-1980 l’entreprise avait une autre activité qui correspondait à des marchés totalement différents, mais qui utilisait les mêmes moyens de production. Elle fabriquait des lanceurs automatiques de balles de tennis quelle exportait dans le monde entier. Cette activité était cependant modeste. Elle n’employait que huit personnes.
- En 1983, 18 départs en pré-retraite sous contrat de solidarité, onze le 31 Mars, deux le 30 Avril et cinq le 30 Novembre.
- Les écoles de la régions avaient demandé la possibilité de faire pour leurs élèves, des contrats de stages dans l’entreprise, compte tenu le nombre important et diversifié de machines outils. Au début, les stages étaient au mois de Juin. Par la suite, pour accueillir d’avantage de stagiaires, les stages se déroulaient toute l’année. Il y avait une quinzaine d’écoles de la région qui étaient intéressées, pour des contrats de stages de 3 ou 4 semaines en moyenne, concernant des jeunes du niveau CAP ou BAC. Vers 1990, l’entreprise accueillait environ 50 stagiaires par an. La S.A.H. Leduc a reçue le Premier Prix pour l’accueil des stagiaires, devant une entreprise de Renault des environs de Rennes.
- En Mai 1999, départ en retraite du salarié ayant le plus d’ancienneté dans l’entreprise : Hervé Leduc, il était entré le 1er Juillet 1953 comme apprenti, soit 46 ans d’ancienneté.
- L’essentiel est la production de vérins hydrauliques dont la firme est devenue un important fabricant au plan français. Chaque mois 5 000 à 5 500 vérins de toutes tailles (de 20 à 200 mm) quittent l’usine des Touches.
- Bien sûr l’usine des Touches est devenue trop petite. C’est pourquoi en 1977 Bernard Leduc avait décidé de construire une nouvelle unité à Ligné. Bernard Leduc a toujours envisagé l’avenir avec confiance même dans les moments les plus difficiles.
- Bernard Cassard sera le premier chef d’atelier de la nouvelle unité à Ligné, avec un rôle à la fois opérationnel et structurant, il devra gérer les contraintes d’adaptation aux aléas de démarrage de cette nouvelle unité,
et assurer le lien entre le terrain et la direction.
- Vers 1980, création à Ligné de l’atelier robotique, avec la mise en place par Christian Leduc, de cellules flexibles, des gains de productivité seront obtenus : une pièce étant fabriquée en 3 minutes au lieu de 10 sur un tour. Cet atelier robotique tourne à volonté en deux-huit ou trois-huit.

- Ayant quitté l’école en Juin 1952 à 14 ans, j’ai été embauché par Bernard Leduc le 1° Juillet 1952 à l’essai pendant 2 mois 1/2, ensuite comme apprenti tourneur, avec un contrat d’une durée de 3 ans.
Il y avait : André Lemasson, Fernand Herbert, Yves Duval et Alexandre Huard de Riaillé, en deuxième année d’apprentissage, j’étais donc le 5ème employés.
Après mon apprentissage comme tourneur pendant trois ans, j’ai occupé ensuite à un moment ou à un autre, tous les postes dans les ateliers : scieur, peintre, soudeur, monteur, tourneur, fraiseur, décolleteur, aléseur sur aléseuse deux broches, magasinier, rectifieur entre pointes, outilleur, etc...
Je n’aimais pas la routine, alors j’appréciais les changements de postes. Avec le recul, je pense que si Bernard Leduc me faisait changer de poste, c’est qu’il avait à l’époque un projet de fonction pour moi.
Avant mon départ au service militaire, le beau-frère de Bernard Leduc, André Lemasson était Contremaître, c’est donc lui qui remplaçait Bernard Leduc lorsqu’il s’absentait.
André Lemasson a quitté l’entreprise pendant que j’étais au service militaire, il s’est mis à son compte, en achetant un petit commerce près de Nantes, il n’avait pas été remplacé comme Contremaître.
On a travaillé jusqu’à 10 heures par jour et 6 jours par semaine. Lorsqu’on a eu le samedi après-midi non travaillé, c’était vraiment un grand changement, très apprécié.
Bernard Leduc souhaitait intéresser le personnel au bénéfice de l’entreprise, mais le contrat d’intéressement devait être signé par le comité d’entreprise ou par un délégué syndical, comme il n’y avait qu’une quinzaine de salariés, il en faut cinquante pour avoir un comité, donc pas possible, et pas de délégué syndical. Bernard Leduc m’a demandé de m’inscrire à un syndicat, pour pouvoir signer le contrat, comme j’hésitais à accepter, il m’a donné 100 francs, cela payait les cotisations au syndicat pour environ un an. J’ai adhéré au syndicat Force Ouvrière, qui m’a désigné comme délégué syndical F.O. dans l’entreprise Leduc, à compter du 1er Janvier 1965. J’ai signé le contrat d’intéressement le 2 Janvier 1965, avec effet rétroactif à compter du 1er Mai 1964, pour une durée de trois ans. C’était le premier contrat d’Intéressement signé dans le département.
Pour l’homologation de ce premier contrat d’Intéressement dans le département, les représentants de l’entreprise Leduc : Bernard Leduc, M. Vrain expert comptable, M. Foucault conseiller juridique et fiscal, et moi délégué syndical, ont été convoqués à Nantes pour assister à une réunion présidée par le Préfet. C’était assez impressionnant, le Préfet était assis derrière un large bureau qui était sur une estrade, on était assis devant en demi-cercle, avec les représentants de diverses administrations, dont l’U.R.S.S.A.F., le Trésor Public... Le représentant de l’U.R.S.S.A.F. s’est levé pour prendre la parole, il n’était pas d’accord sur les avantages du contrat pour les salariés, le Préfet lui a fait remarqué que c’était conforme à la volonté du gouvernement, il a levée la main en disant : "Alors, si ça vient d’en haut...", il s’est assis et n’a plus repris la parole. Après discutions entre le Préfet et les divers représentants le contrat a été homologué.
Bernard Leduc voulait développer les œuvres sociales au profit des salariés, mais comme il n’y avait pas de comité d’entreprise, il a créé une association pour cette gestion, et m’a désigné Responsable de celle-ci qui a pris le nom de "La Fraternelle", à compter du 2 Janvier 1965. Par la suite, lorsqu’il y a eu un comité d’entreprise, j’ai continué d’assurer la gestion de "La Fraternelle", sous le contrôle du comité d’entreprise comme cela faisait parti de ses attributions.
Au début, la gestion était pendant mon temps de travail, mais très vite compte tenu de la charge de travail, c’était aussi sur mon temps personnel comme les bénévoles d’associations.
Dans certaines entreprises, pour les activités sociales, il est fréquent de dépenser les recettes dès leur perception pour l’année en cours, sans constituer de réserve. Dans le cas de la gestion de la Fraternelle, c’est l’excédent de l’année précédente qui était attribué aux divers comptes pour les besoins de l’année en cours. Avec ce système il n’y avait pas de surprise, on disposait d’un an pour s’adapter aux circonstances, avec éventuellement un crédit ou un débit sur les réserves. Pour chaque activité sociale de la Fraternelle, l’organisation était assurée par quelques personnes en accord avec le comité d’entreprise. Je dois préciser que pendant les 31 ans que j’ai été responsable de la gestion de la Fraternelle, je n’ai connu que des personnes sérieuses qui ont assurées le fonctionnement des diverses activités sociales avec efficacité, dans les limites du budget qui leur était attribué.
Les réserves de la Fraternelle étaient placées sur un compte de l’entreprise et dans plusieurs banques, prêts accordés aux salariés, les intérêts annuels étaient du même niveau que la subvention de l’entreprise aux activités sociales, ce qui n’était pas négligeable. Les comptes étaient contrôlés chaque année, pour l’expert comptable de l’entreprise. Bilan de la Fraternelle au 31 mars 1996.
Quand Bernard Leduc avait quelque chose à dire à un ouvrier, il ne le convoquait pas à son bureau, il le lui disait dans l’atelier. Début 1965, en fin de matinée, il vient me trouver et me dit de venir à son bureau en début d’après-midi à l’embauche, à 14 h., sans plus d’explication. Je me suis demandé pourquoi cette convocation, j’avais beau réfléchir, je ne voyais pas pourquoi, j’avais fait mon travail normalement. Comme prévu, je vais à son bureau en début d’après-midi, juste à l’heure précise, 14 h. sonnait au clocher, j’étais à peine entré, qu’il se lève de son bureau, et marche quelques pas en gesticulant, disant « qu’il en avait marre de constater que lorsqu’il s’absentait, comme par exemple pour aller à Paris voir des machines outils, le travail se faisait au ralenti, et il ajoute : quand le chat n’est pas là, les souris danses ». C’était théâtral, je ne comprenais pas qu’il me dise tout cela, je faisais mon travail normalement, qu’il soit présent ou non. Il se calme et se rassoit derrière son bureau, puis il me dit : "J’ai besoin d’un chef d’atelier pour me seconder et me remplacer quand je suis absent, ça t’intéresse ?", j’ai tellement été surpris que je ne disais rien, il m’a alors dit qu’il comprenait que j’avais besoin de réfléchir, et qu’il fallait lui donner ma réponse le lendemain, il a précisé : "Naturellement ton salaire sera en rapport avec tes responsabilités".
Je n’ai pas mis longtemps pour prendre ma décision, bien qu’une petite voix me disait : "Henri ça va être des embêtements", ma réponse a été oui. J’étais chef d’atelier à compter du 1er mars 1965 et responsable du planning. J’ai mis en place dans les ateliers les bons de travaux. Pour chaque poste de travail et usinage différent, il y avait un bon de travail avec le nombre et la désignation des pièces à usiner, je faisait un croquis de l’opération à effectuer. Avec ce croquis, l’ouvrier voyait tout de suite ce qu’il avait à faire, il devait noter sur le bon l’heure du début et de la fin d’usinage. Par la suite, lorsqu’il y a eu un bureau d’étude, les plans ont remplacés les croquis. Entre 1965 et janvier 1971, date de création du bureau d’études, j’ai dû faire quelques milliers de croquis...
Courant 1965, suite à une visite de l’Inspecteur du Travail, Bernard Leduc m’a demandé d’organiser des élections pour désigner un délégué du personnel, c’est obligatoire à partir de dix salariés, on étaient une quinzaine de salariés. Il n’y a eu aucun candidat. J’ai organisé un vote avec des bulletins blancs, à chacun de mettre le nom de celui qu’il estimait le plus apte à cette fonction. Résultats : à part trois bulletins, tous les autres étaient avec mon nom, j’ai dit que ce n’était pas mon rôle étant chef d’atelier, justement d’après eux j’étais le mieux placé pour les défendre. J’ai accepté à condition qu’ils en trouvent un autre pour l’année suivante. J’ai donc été le premier délégué du personnel de l’entreprise Leduc.
L’entreprise Leduc ayant signé le premier contrat d’Intéressement du Département, le Directeur Départemental du Travail est venu visiter l’entreprise. Après la visite, Bernard Leduc m’a présenté comme étant son chef d’atelier, ensuite le Directeur a demandé à voir le délégué du personnel, il lui a dit que c’était moi, le Directeur a paru un peu surpris, il a demandé à voir le délégué syndical, encore moi... il m’a dit qu’il serait préférable de laisser les rôles de délégués à d’autres, j’étais entièrement d’accord, le seul problème c’est qu’il n’y avait pas de candidat. Par la suite, heureusement cela s’est arrangé. En tant que représentant de la direction et du personnel à un titre ou un autre, j’assistais à toutes les réunions, celles de l’encadrement, des délégués du personnel, du comité d’entreprise et du C.H.S.C.T. lorsqu’ils ont été créés, ayant un pied de chaque côté, direction et personnel, au fil des années, j’ai beaucoup appris à ces réunions.
Dès qu’une nouvelle machine arrivait, c’était Bernard Leduc qui la mettait en place, ensuite il me disait de voir ce qu’il était possible de faire pour en tirer le maximum, éventuellement en adaptant un outillage spécial, puis je formais un ouvrier sur ce nouveau poste de travail, jusqu’à l’arrivée des machines à commande numérique vers 1970.
A chaque fois que j’en avais l’occasion, comme par exemple l’absence d’un ouvrier, j’ai encouragé les ouvriers à la polyvalence, cela n’a pas toujours été facile, mais petit à petit cela c’est fait, sauf pour certains qui ne voulaient pas changer de poste.
Le chariotage d’un tube pour faire un élément de vérin, prenait environ vingt minutes avec un outil en acier rapide, selon le diamètre et la longueur de l’élément. Lorsque l’on faisait des essieux, les moyeux en fonte étaient usinés avec des plaquettes au carbure. J’ai fait des essais pour charioter un tube avec une plaquette au carbure. N’ayant pas d’outil porte plaquette, je faisais braser une plaquette sur un outil en acier, comme avant pour usiner les moyeux en fonte pour les essieux pour remorque agricole. Après plusieurs essais, en tournant beaucoup plus vite et avec une avance rapide, il était possible de charioter un tube en cinq minutes au lieu de vingt. En réalité cela permettait de faire deux pièces au lieu d’une avant, car lorsqu’il fallait vingt minutes, l’ouvrier menait deux tours, il usinait donc deux pièces en vingt minutes, soit une moyenne de dix minutes pour un élément. Naturellement l’outil en acier rapide a été remplacé par le porte outil avec plaquette au carbure, compte tenu du gain de temps appréciable.
Entre 1965 et 1970, comme il n’y avait pas encore de bureau d’études, j’étais chargé de l’étude des prototypes et des nouveaux vérins, ainsi que des contacts à ce sujet avec les clients.
Le service commercial avec Loïc Leduc comme responsable, et le bureau d’études ont été créés en Janvier 1971 avec l’embauche de Pierre Effray, comme responsable du bureau d’études.
En 1966, compte tenu des arguments développés par M. Robert Foucault conseiller juridique et fiscal de l’entreprise, Bernard Leduc a créé : "La Société de Construction Touchoise" (S.C.T.), cette société était agréée pour recevoir ce que l’on appel : le 1 % construction, cotisation versée par les entreprises de plus 50 salariés.
Le but de la S.C.T. était de construire des maisons pour les salariés de l’entreprise, sans faire de bénéfice, la subvention de 1 %, permettait de réduire le prix de vente des maisons aux salariés.
Bernard Leduc m’a demandé d’en assurer la gestion, j’ai accepté en lui disant que c’était en attendant qu’il en trouve un autre, car j’avais déjà suffisamment de quoi m’occuper.
Mais le provisoire a duré plus de 10 ans, j’ai donc été Gérant de la S.C.T. du 13 Août 1966 au 31 Décembre 1977.
Le 25 Septembre 1966, le Conseil Municipal des Touches a accepté de vendre un terrain communal à la S.C.T. pour la construction de deux maisons par Jean Bélina maçon aux Touches, les maisons ont été achetées par règlements mensuels, par deux salariés de l’entreprise : Hervé Leduc et Jean Trochu.
De nombreuses entreprises avaient créées ce genre de petites sociétés, ce qui n’était pas favorable aux grosses sociétés qui recevaient avant le 1 %, comme le C.I.L. de Nantes. Une loi a été votée pour interdire les petites sociétés qui n’avaient pas un certain chiffre d’affaires et qui récoltaient le 1 % de moins de cinquante entreprises. C’était la fin du développement de la S.C.T., le C.I.L. nous a autorisé à suivre la gestion des deux maisons jusqu’au moment où les salariés en seraient propriétaires et c’est le C.I.L. de Nantes qui devait à l’avenir recevoir le 1 % de la S.A.H. Leduc.
Vers 1970, j’ai eu un petit problème avec un ouvrier, le chauffage au milieu de l’atelier, était nettoyé en fin de semaine par un ouvrier de l’atelier. Un jour je remarque qu’il n’avait pas été nettoyé, je n’ai rien dit, mais la semaine suivante j’ai remis de corvée celui qui ne l’avait pas fait, c’était Michel Guibert. Lorsqu’il a vu son nom sur l’affichage dans les vestiaires, il est venu me voir en disant que son tour était passé, qu’il ne le ferait pas, je lui ai dit que tant qu’il n’aura pas nettoyé le chauffage, c’est lui qui sera désigné, et que si Bernard Leduc s’en trouvait d’aperçu qu’il pourrait lui demander un augmentation... sachant que pour Bernard Leduc, l’entretien de matériel était très important, il est parti en ronchonnant. En fin de semaine, il a nettoyé le chauffage comme jamais il avait été nettoyé, si bien que Bernard Leduc s’en est trouvé d’aperçu et qu’il m’a dit de lui rappeler en fin mois qui l’avait nettoyé pour lui donner une prime. En fin de mois je n’ai rien dit, par contre j’ai fait sauter un tour de corvée à Michel Guibert, compte tenu du fait que c’était plus facile de nettoyer le chauffage après le décapage qu’il avait fait et qui profitait à tous.
Un jour j’ai eu un petit différend avec la direction de l’entreprise Père et Fils, Bernard L. vient au planning, il voulait que je passe en priorité sur une fraiseuse, des engrenages pour les machines B.J.L., il ne voulait pas attendre au lendemain, je n’étais pas d’accord car cela modifiait le planning de plusieurs postes de travail. Arrive Joël L. il s’excuse de nous interrompt dans notre discussion, mais il voulait que je passe sur la fraiseuse en question, des chapes pour un client qui venait de lui téléphoner et qui réclamait sa commande. C’était la goutte d’eau en trop... j’ai dit que j’en avais marre qu’ils viennent me chambouler le planning, il faut préciser que chaque semaine, le Lundi matin ils me fixaient les priorités pour la semaine, ils sont partis tous les deux en me disant : " Tu fais pour le mieux".
Le 25 Juin 1971, un Contrat de Participation a été signé dans l’entreprise Leduc, avec effet rétroactif, à compter du 1er Octobre 1968. Les salariés avaient du mal à faire la différence entre Intéressement et Participation, pour leur expliquer, je disais que l’Intéressement était intéressant, car on touchait les bénéfices tout de suite, alors que la Participation était la participation à la marche de l’entreprise, et l’on ne touchait les bénéfices que 5 ans après.
J’assurais également la maintenance mécanique, sauf pour les pannes importantes, dans ce cas c’était Bernard Leduc qui intervenait. Avec le développement de l’entreprise et donc le nombre de machines, Bernard Leduc décida de créer dans l’entreprise un service maintenance, avec Paul Godin, qui travaillait avant au garage Etienne, et qui fut embauché comme responsable maintenance en Décembre 1972, jusqu’à son départ en retraite en Juin 1991.
La création du bureau d’études (B.E.) était indispensable, mais il y a eu quelques petits problèmes au début entre le B.E. et l’atelier, par exemple, impossible de maintenir une chape entre les mâchoires d’un étau sur une fraiseuse, l’extrémité de la chape était arrondie, il avait fallu faire un montage spécial, c’était un nouveau modèle de chape...
A chaque fois qu’il y avait un nouveau vérin, au lieu d’utiliser les chapes ordinaires, on ne savait plus où les stocker, il y en avait plusieurs centaines, pour le B.E. c’était un nouveau modèle, c’était beau sur le papier, mais ça coûtait cher, car en plus des problèmes à l’atelier, pour faire un nouveau modèle de chape à la fonderie, il fallait faire aussi un nouveau moule et ce n’était pas gratuit. Pendant la période où j’étais au planning, mes rapports avec le B.E. étaient compliqués.
Avril 1977, mise en place des équipes en 2/8, avec les premiers chefs d’équipes : Louis Bidaud et Edouard Groleau.
Janvier 1991, Louis Bidaud sera opérateur sur commande numérique, en janvier 1995 il travaille à mi-temps et septembre 1999 il part en retraite.
Suite au développement de l’entreprise et donc à l’augmentation du nombre de salariés, vers 1980, à cette époque environ 180 salariés, Claude Beleteau m’a remplacé comme responsable du planning, pour me permettre de me consacrer uniquement à la gestion du personnel, et les premiers responsables qui m’ont remplacé dans les ateliers : Michel Coquet, Christian Leduc, Michel Guibert, Bernard Cassard, Pierre Thiéré, Michel Guihéneuf...
Le principal client de l’entreprise, Manitou, s’étonnait que vu le nombre de salariés à la S.A.H. Leduc, qu’il n’y avait pas de chef du Personnel. Depuis 1965, j’étais toujours chef d’atelier sur mon bulletin de salaire, mais j’avais suffisamment de travail aux bureaux sans aller dans les ateliers, lorsque j’ai appris qu’à compter du 1er Janvier 1981, j’étais chef du Personnel, cela n’a rien changé pour moi, car depuis plusieurs années je remplissais ces fonctions.
Mon bureau était à côté du planning, un matin à l’embauche, j’aperçois Claude Beleteau assis à son bureau, il se tenait la tête entre les mains, je vais le voir et lui demande ce qu’il avait, il me dit « Joël est passé à l’atelier de chromage et a modifié l’ordre de passage des pièces au chromage, cela chamboule le planning de plusieurs postes d’usinage », ce n’était pas la première fois que cela arrivait.
En Novembre 1980, j’ai découvert dans une revue ce que l’on appelle : "Les Biorythmes", d’après cette étude, on peut connaitre pour une personne d’après sa date de naissance, les jours qui sont susceptibles d’être bons ou mauvais, je n’y croyais pas du tout, mais par curiosité j’ai acheté le livre. Pour chacun il y a trois cycles qui commencent le jour de la naissance. Le cycle Physique de 23 jours, le cycle Emotionnel de 28 jours et le cycle Intellectuel de 33 jours. Pour les trois cycles, pendant la première moitié du cycle , chaque jour est positif, pendant la deuxième, chaque jour est négatif, le jour situé entre les deux est critique. Le jour critique en lui-même n’est pas dangereux, ce sont les réactions de ce jour-là, car la façon dont une personne agit dépend de ce qui lui arrive. On ne fait pas n’importe quoi, n’importe quand, n’importe comment. Cela pouvait intéresser un sportif pour savoir le jour où il serait en grande forme. Je me suis surtout intéressé aux accidents. Etant bien placé au service du personnel, je connaissais donc les dates de naissance des salariés ayant eu un accident. Au début j’ai dit que c’était sans doute des coïncidences, mais après avoir étudié 300 cas d’accidents dans l’entreprise ou à l’extérieur, plus ou moins graves qui correspondaient à environ 75 % de jours critiques, cela donne à réfléchir. Personnellement même si ce n’est pas du 100 pour 100, je pense qu’il faut être un peu plus prudent les jours critiques, un homme averti en vaut deux.
Début 1983, j’ai négocié le départ en pré-retraite de 18 salariés qui pouvaient être concernés par une nouvelle loi : « depuis février 1982, un salarié âgé d’au moins 55 ans, pouvait partir en pré-retraite, avec une allocation de remplacement, en échange de l’engagement de l’employeur à recruter un demandeur d’emploi sur le poste libéré ou à maintenir ses effectifs ».
Sur les 18 salariés, un seul voulait partir en pré-retraite, c’était le plus jeune : Camille Brécheteau, pour les autres c’était non. Après discussions et divers entretiens ils ont tous accepté de partir en pré-retraite, et ceux que j’ai vus après, ne le regrettent pas. L’entreprise a largement respecté son engagement, ayant effectué 30 embauches pour 18 départs.
Le 16 Septembre 1983 j’ai été désigné : Délégué Syndical A.S.S.E.L., Association Syndicale des Salariés des Entreprises Leduc. Le 17 Janvier 1978, l’association "La Fraternelle", tout en conservant son nom, avait été transformée en syndicat, A.S.S.E.L., cela lui donnait des avantages supplémentaires.
Divers contacts avec la direction du syndicat Force Ouvrière à Paris. En 1985 j’ai suggéré entre autres, au syndicat Force Ouvrière, la création d’un Fonds pour l’emploi.
Le 1er Janvier 1984, départ en retraite de Bernard Leduc, Joël Leduc avait commencé à le remplacer progressivement depuis 1967, et il était président de l’entreprise depuis 1977. Bernard Leduc, à la retraite, a continué à s’occuper des B.J.L. machines lance-balles pour le tennis qu’il avait créé avec Bernard James de Nort sur Erdre. B.J.L. : "B" pour Bernard, "J" pour James, "L" pour Leduc.
Vers 1984, mise en place d’un système de crédit d’heures, on travaillait 42 heures par semaine, 39 heures payées, et 3 heures en crédit d’heures, que l’on pouvait utiliser comme on voulait, sous réserve de ne pas désorganiser le travail. Système en avance de deux ans sur la loi. Lorsque l’Inspecteur du travail a découvert notre système de crédit d’heures, il n’était pas d’accord et voulait l’interdire, car cela compliquait le contrôle du temps de travail. Après discussion, et lui ayant fait remarqué que l’ensemble du personnel était favorable à ce système, il a donné son accord, en nous demandant de ne pas en faire de publicité dans la presse, craignant des reproches de la part de ses collègues.
Vers 1985, ayant appris que les entreprises pouvaient recevoir des jeunes du niveau CAP ou BAC en stages, il suffisait de faire un contrat avec leur école, je trouvais que c’était une bonne initiative, je l’ai donc proposer à Joël Leduc, qui m’a dit : « ils vont amuser les ouvriers dans les ateliers, c’est non ». Je n’ai pas insisté, et quelques jours après, jugeant le moment favorable, je lui ai de nouveau proposé en précisant qu’il y avait des salariés de l’entreprise avec des enfants qui seraient concernés dans les prochaines années, il m’a dit qu’il allait réfléchir. Environ une heure après, il me téléphone pour me dire « d’accord, tu en prend la responsabilité ». J’ai donc mis en place dans l’entreprise l’accueil des jeunes préparant un CAP ou un BAC. Au début, les écoles voulaient des stages au mois de Juin, j’ai dit que ce n’était pas possible, de tous les prendre le même mois, qu’il fallait répartir sur plusieurs mois, les professeurs étaient réticents, puis ils ont acceptés. Après quelques années, on avait régulièrement des contrats de stages de trois ou quatre semaines en moyenne, avec une quinzaine d’écoles de la région, principalement Ancenis, Châteaubriant, Nantes et ses environs, on accueillait environ 50 stagiaires par an. Plusieurs professeurs sont venus passer quelques jours dans les ateliers, compte tenu de la diversité des machines-outils.
Un jour, Joël Leduc me demande de lui faire un petit résumé sur ces stages. Comme c’était la première fois qu’il me parlait des stages, depuis le jour où il m’avait donné son accord, j’ai pensé qu’il fallait mettre le paquet, j’ai emmené les dossiers chez moi, pour lui faire pendant le week-end un compte-rendu très détaillé et aussi complet que possible, que je lui ai donné le Lundi suivant. Il a été surpris de l’importance et de la précision des documents. Trois ou quatre mois après, il est passé me voir un après-midi, en me disant qu’il préférait me le dire directement, avant que je l’apprenne par les journaux. Le matin il était à Rennes où l’entreprise Leduc avait reçue le Premier Prix pour l’accueil des stagiaires, devant une entreprise de Renault des environs de Rennes, il était très content de ce Premier Prix et d’être devant Renault, et m’a avoué... qu’il s’était servi de mes documents pour remplir le dossier.
Le 30 juin 1986, j’ai personnellement acheté mon premier ordinateur. J’avais fait un programme pour calculer les Biorythmes, je mettais également à jour la liste du Personnel, c’était plus vite fait que par la secrétaire qui tapait à la machine. J’ai plusieurs fois réclamé à la Direction, d’avoir un ordinateur pour la gestion du Personnel. Enfin, en Avril 1989, on m’a donné satisfaction, j’avais un ordinateur dans mon bureau. J’ai fait des petits programmes avec le tableur Lotus, pour la gestion du Personnel et la gestion des Activités Sociales de "La Fraternelle", également un petit programme pour le calcul des Biorythmes. Avec l’autorisation de la direction, je pouvais donner à chaque salarié qui le voulait, son calendrier sur l’année, avec les différentes périodes. Mon premier client a été Joël Leduc, chaque année, jusqu’à mon départ en retraite, il m’a demandé de lui faire son calendrier qu’il mettait dans son agenda.
Joël passait me voir tous les matins avant d’aller à Ligné, et m’a dit plusieurs fois qu’il avait une charge de travail très lourde, je lui disais d’embaucher un directeur adjoint... Un matin il m’annonce « depuis que tu me le dis, embauche un directeur adjoint », j’ai donc contacté l’organisme d’emploi à Nantes, c’est le directeur qui s’est chargé de la recherche. Jean-Michel Letourneur a été embauché en 1988.
Un matin, Jean-Michel passe me voir au bureau et me dit : « vous êtes le premier à qui je le dis, je vais voir Joël pour lui donner ma démission, ce n’est plus possible, il modifie ce que je fais ». Jean-Michel a quitté l’entreprise et a été embauché par le concurrent "La Serta" en Vendée. La Serta a été créée en 1971 par Jacques Audureau, qui vers 1960 était client de la SAHL, pour les essieux de remorques agricoles et ensuite pour les vérins.
Vers 1990, Paul Godin est venu me voir au bureau, en disant « ce n’est plus possible avec "papi" (Bernard Leduc) », Paul m’explique qu’il voulait mettre un extincteur sur un pilier dans l’atelier de montage et que B.L. lui a dit que ce n’était pas là qu’il fallait le mettre, Paul ajoute, il critique tout ce que je fais. Je lui ai dit que je lui parlerais.
Je ne sais pas qui avait raison pour l’emplacement de l’extincteur, mais j’ai dit à B.L. que maintenant qu’il était à la retraite, il ne devait plus intervenir auprès des salariés, c’était la responsabilité des chefs d’équipes et chefs d’ateliers, éventuellement il pouvait en parler avec Joël qui était le directeur.
Je n’ai plus entendu parler de ce genre de problème, B.L. s’était un génie de la mécanique, il avait fait faire des machines spécialement conçues pour faire certaines opérations d’usinage plus vite qu’avec les machines standards, il avait également modifié certains outils pour faciliter le travail des ouvriers, mais il voulait avoir toujours raison.
Au début de l’entreprise à Ligné, Joël ne voulait pas le voir à Ligné, mais il a fini par l’accepter, car B.L. avait de bonnes idées en mécanique.
En Décembre 1991, après une réunion du Comité d’Hygiène, de Sécurité et Conditions de Travail (C.H.S.C.T.), j’ai discuté avec M. Thalamy Inspecteur de la Caisse Régionale d’Assurance Maladie (C.R.A.M.), il ne connaissait pas les Biorythmes, mais cela l’intéressait, surtout avec les divers cas que je lui ai montrés.
Quelques jours après il est revenu me voir et m’a dit qu’il c’était renseigné sur ce sujet à la C.R.A.M., il a appris qu’il y avait un Inspecteur parti en retraite, qui s’intéressait aux Biorythmes dans les enquêtes qu’il faisait sur les accidents. A l’époque comme il n’avait pas encore l’informatique, il fallait faire les calculs avec des grilles, c’est sans doute pour cette raison que ça été abandonné. Comme je lui avais fait voir que j’avais sur mon ordinateur un programme pour faire le calcul, il avait deux cas d’accidents mortels, qui pour lui ayant fait l’enquête, ne comprenait pas ce qui c’était passé, les machines n’étaient pas la cause des accidents, sans préciser les noms et lieux des accidents, il m’a donné pour chaque cas la date de naissance et date de l’accident, le résultat pour les deux cas était les trois cycles en jours critiques, ce qui est très rare, donc on peut penser qu’il y avait eu imprudence et inattention des deux ouvriers.
Dans les années 1990, j’ai commencé à utiliser mon crédit d’heures, en m’absentant le Jeudi après midi, j’aurais préféré le Mercredi, mais la secrétaire du service du Personnel étant absente le Mercredi pour être avec ses enfants, j’ai donc pris le Jeudi.
Après avoir épuisé mon crédit d’heures, j’ai demandé à bénéficier de l’Allocation de Pré-Retraite Progressive à compter du Lundi 3 Janvier 1994, travail à mi-temps plus Allocation ASSEDIC, ce n’était pas une obligation, mais mon choix en accord avec la Direction.
Pour les salariés ayant plus de 40 ans de cotisations à la Sécurité Sociale, une nouvelle loi venant d’être adoptée, qui donnait la possibilité de partir en Pré-Retraite contre embauche, comme j’étais dans ce cas, j’ai demandé à profiter de cette nouvelle disposition.
Mon futur remplaçant, David Valton a été embauché le 9 Octobre 1995, comme assistant, il m’a remplacé à compter du 1er Décembre 1995. Pendant ce mois de Décembre, j’ai eu à former André Roiné, qui prenait la gestion des Activités Sociales de "La Fraternelle", il était à mi-temps et ne connaissait pas l’informatique, il s’est habitué assez rapidement.
Mon dossier a été accepté, je suis alors parti en Pré-Retraite à compter du Mardi 2 Janvier 1996. J’étais pris en charge par les ASSEDIC, avec l’Allocation de Remplacement Pour l’Emploi (ARPE), jusqu’au premier jour du mois suivant mon 60ème anniversaire, étant né le 22 Mai 1938, soit le 1er Juin 1998, date de mon départ en Retraite, avec 43 ans et 6 mois d’ancienneté à la S.A.H. Leduc, (du 1er Juillet 1952 au 2 Janvier 1996).
Vers 1997, la Direction et le Personnel ont décidés de simplifier la gestion des Activités Sociales, le Comité d’Entreprise en a pris directement la gestion, et "La Fraternelle" a été dissoute.
Le dernier embauché que j’ai connu, ayant le matricule 480, cela veut dire que j’ai vu entrer dans l’entreprise 479 salariés. En réalité un peu plus, car les premiers salariés de l’entreprise n’avaient pas de matricule, le système a été mis en place avec les salariés présents en 1981, environ 45 salariés avaient quittés l’entreprise avant.
Bernard Leduc a commencé par fabriquer des machines à bois, principalement des scies circulaires sur table vers 1948, ensuite vers 1950 des essieux pour les remorques agricoles qui ont remplacés les charrettes, et vers 1960 les vérins hydrauliques. Au début de l’entreprise, c’était : Bernard Leduc Fabricant, puis : Société d’Exploitation des Etablissements Bernard Leduc, ensuite : Société d’Applications Hydrauliques Leduc (S.A.H.L.), et après la fusion avec les Etablissements Leduc à Ligné, c’est devenue : S.A.H. Leduc.
Henri Lepage
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